AMAHORO
Congrès
du Peuple
http://newrwanda.org
DéCLARATION
002/Vol. II/ 2002:
Gishwati: Le pouvoir du président
Kagame maltraite la population au lieu de la protéger
Le parti
AMAHORO-Congrès du Peuple dénonce les actes indignes perpétrés par le régime
du président Paul Kagame contre les habitants
la forêt naturelle de Gishwati qui sont sans abri parce que délogés et
expropriés par le même régime.
Selon
l'hebdomadaire gouvernemental IMVAHO NSHYA n°1441, c’est le Président Kagame
qui a pris lui-même la décision de déloger cette population." Il a pris
la décision selon laquelle personne ne s'appropriera plus des parties de cette
forêt et a fixé l'ultimatum à la fin mai 2002 pour que ceux qui l’habitent
déménagent. L'ultimatum a été respecté", comme l’écrit
IMVAHO.
Plusieurs milliers de familles d’anciens réfugiés de
Rutshuru et Masisi en République Démocratique du Congo et logés à Gishwati
par le Ministère de la Réinsertion Sociale(MINIREISO) viennent d'être boutés
hors de leurs maisons et leurs lopins de terre et dorment présentement à la
belle étoile où le Comité Internationale de la Croix Rouge leur a donné des
bâches de plastics.
Un acte de ce genre démontre que
le régime du Président Kagame n'a aucun programme de réinsertion des rapatriés
et fait montre de la faiblesse de son projet de société à commencer par
les infrastructures sociales.
Ce n'est
pas la première fois que les rapatriés de Gishwati font l'objet de la persécution
d'un régime qui est pourtant responsable de leur bien-être. Comme tel est
stipulé dans les accords de paix d’Arusha, c'est le gouvernement rwandais qui
est chargé de la réinsertion des rapatriés. Ainsi donc, dans la réinsertion
des rapatriés de Gishwati, le gouvernement devait faire la délimitation
de la forêt naturelle de Gishwati et dégager le territoire sur lequel
les rapatriés devaient habiter, cultiver et faire paître leurs
troupeaux, à l'instar de ce qui a été fait au parc national de l'Akagera où
l'on distingue une partie habitée et exploitée par les populations
d'agri éleveurs et une partie réservée au parc national. Mais ce n'est pas le
cas pour la forêt de Gishwati. Lorsque le MINIREISO y a amené les rapatriés, des maisons en agglomérations
ont été érigées mais cela en désordre, sans plan préétabli.
Les habitants de Gishwati se sont débrouillés malgré
tout et ont pu poursuivre leurs activés agro-pastorales jusqu'en 1997
lorsqu'ils ont été victimes d'une attaque de pseudo-interahamwe qui ont
tué plusieurs d’entre eux, razzié
les vaches et détruit les maisons. Les enquêtes menées ont pu montrer que ces
atrocités avaient été perpétrées par des éléments de l'Armée Patriotique
Rwandaise(APR).Certains d'entre eux ont même été reconnus coupables par la
cour militaire de Kigali qui les a condamnés à des peine de prison. Mais le
verdict du jugement n’a pas été exécuté et parmi ceux qui ont été
reconnus coupables figurent un des conseillers militaires du Président Kagame.
À ce
moment là, le président Kagame, qui était alors vice-président, a dit à la
population de Gishwati de ne pas se décourager, il leur a promis que la justice
allait poursuivre ceux qui leur avaient apporté tant de malheurs, et il les a même
assuré d'une indemnisation. Cependant, jusqu'à présent ces gens attendent
encore. Mais effectivement ces citoyens ne se sont pas découragés, et ils se
sont plutôt regroupés, ils ont même réussi à fonder une coopérative agro-pastorale,
à tel point que la coopérative était montée au rang de concurrent de la
Laiterie gouvernementale de Gishwati.
à
ce stade, on ne peut ignorer que les habitants de Gishwati menaient ses
activités
agricoles et pastorales sans
directives des experts du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage. Cela
a eu pour conséquence que les
dispositifs anti-érosion n’ont
pas été mis en place dans cette région et que la forêt de Gishwati a été
endommagée alors qu’elle revêt une grande importance pour le pays en terme
d’environnement. Nous avons là un autre exemple qui démontre clairement
l’absence de volonté et de capacité de la part de l’administration dirigée
par le président Kagame pour la gestion de l’environnement.
Le parti
AMAHORO s’interroge sur les vrais raisons de l’expulsion de ces habitants de
Gishwati parce que s’il s’agissait de lutter contre l’érosion dans la forêt
vierge de Gishwati comme le déclare le pouvoir de Kagame, cela aurait pu être
fait de façon étudiée sans que
ces personnes ne soient jetée à la rue démuni de tout. Au lieu de contacter
les experts Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage pour qu’ils
apprennent aux habitants de Gishwati des
méthodes culturales et d’élevage modernes et des moyens de lutte contre l’érosion,
les autorités ont préféré les jeter à la rue, alors que ces personnes étaient
jusque là autosuffisante.
Le fait
que gouvernement dirigé par le président Kagame ait été incapable de faire le nécessaire
et qu’il a plutôt choisi de jeter ces habitants de Gishwati
à la rue et qu’ils n’ont aucun moyen de subsistance ni d’endroit où
aller comme cela a été déclaré à
l’hebdomadaire gouvernemental Imvaho Nshya par le préfet de Gisenyi, est un
preuve de l’absence de volonté de ce gouvernement de défendre les intérêts
des citoyens.
Le parti AMAHORO condamne les actes indignes du gouvernement de Kagame et
recommande ce qui suit :
I.
Que le Gouvernement de Kagame:
a.
Garantisse au plus vite le droit au logis des habitants de Gishwati.
b.
Laisse les expulsés retourner dans leurs biens en attendant de leur
trouver un site de réinstallation doté des infrastructures de base et tenant
compte de leur vocation agro-pastorale.
c.
Sanctionne les personnes qui ont tué des habitants de Gishwati lors du vol de leur bétail. Les coupables ne doivent pas
continuer à jouir de protections qui suppriment les peines décidées par les
tribunaux.
d.
Remplace le bétail vols et offre des dommages et intérêts suffisants.
II.
Que la communauté internationale
a. Condamne
le gouvernement dirigé par le président Kagame chaque fois que des violations
des droits de l’homme et des abus physiques sont commis par ses agents comme
cela a été le cas lorsque les habitants de Gishwati ont été chassés de leur
maison sans qu’une alternative ne soit prévue.
b.
Mette en place un système pour encourager
le gouvernement dirigé par le président Kagame et pour le conseiller
dans le domaine du respect des droits de l’homme.
III.
Que la population rwandaise:
a.
Lutte pour le respect de leurs droits de l’homme et dénonce les abus
dont ils sont victimes de la part des autorités.
b.
Informe les représentants des partis qui se soucie vraiment du bien être
de la population, comme le parti AMAHORO ainsi que les associations de défense
des droits de l’homme à chaque fois que leurs droits sont violés par les
organes du pouvoir.
Au nom du parti AMAHORO
Jeff
Nsengimana,
V.P.